Si la France semble encore hésiter à ouvrir le marché du transport routier de voyageurs, l'Allemagne est - quant à elle - déjà bien lancée dans le développement d'une offre routière alternative au ferroviaire.
Le 14 décembre dernier, l'Automobile Club Allemand (ADAC) et la Deutsche Post ont annoncé leur intention de créer en 2013 une société commune afin d'offrir des liaisons intercités par autocar. La France de son côté, hésite encore à ouvrir le marché du transport routier de voyageurs. L'Autorité de la Concurrence ne pouvait se désintéresser du sujet et s'est autosaisie pour avis, fin février, avec l'objectif "d'évaluer les conditions actuelles de concurrence dans le secteur du transport longue distance par autocar", mais aussi la manière dont l'ouverture à la concurrence de lignes interrégionales pourrait être encouragée.
Le projet allemand plus ambitieux
Présentée comme une réelle alternative au train, l'initiative d'outre-Rhin vise à répondre à une demande en transport routier et à deux types de clientèle désireuses de bénéficier d'une offre en transport moins cher et plus souple : les étudiants et les retraités. Comparé aux 50 véhicules achetés par IDbus, c'est une initiative de plus grande ampleur. En France, si les premières ébauches du projet de loi de décentralisation qui circulent dans la presse prévoient bien la possibilité de créer des lignes routières nationales hors cabotage, cette dernière reste très encadrée. L'autorisation ne sera accordée par l'Etat qu'à la condition que le projet ne porte atteinte à une ligne ferroviaire existante ou une ligne routière régionale. A ce stade, le projet allemand semble plus ambitieux, tant en termes d'étendue de son réseau de dessertes que de ses capacités de distribution commerciale.